« Il n’a pas d’autre choix que de se saisir du sujet » : après le meurtre de Lyhanna, le gouvernement sommé d’agir

Pour sortir de la crise, Sébastien Lecornu compte bien se nourrir d’une loi intégrale portée, depuis des mois, par plusieurs associations féministes, puis par une coalition transpartisane. Récupération ou prise de conscience ? Ses défenseurs veulent que le gouvernement passe des paroles aux actes.

Lucas Sarafian  • 23 juin 2026 abonné·es
« Il n’a pas d’autre choix que de se saisir du sujet » : après le meurtre de Lyhanna, le gouvernement sommé d’agir
Des manifestants brandissent des pancartes sur lesquelles figurent les noms d'artistes et d'hommes politiques lors d’une manifestation sur la place Vendôme, devant le ministère français de la Justice à Paris, le 22 juin 2026, pour réclamer une loi contre les violences faites aux mineurs, à la suite du décès de Lyhanna, une fillette de 11 ans retrouvée morte le 4 juin après avoir été portée disparue le 29 mai.
© SIMON WOHLFAHRT / AFP

Tout ne s’est pas passé comme prévu. La mort de Lyhanna, 11 ans, a provoqué un séisme dans tout le pays. En première ligne, Gérald Darmanin rêve peut-être de devenir l’incarnation politique de la crise, celui qui apporterait les réponses tant attendues. Dans une grande tournée médiatique faite d’excuses publiques et d’offensives politiques, le garde des Sceaux a tenté d’accabler ces magistrats qui n’auraient pas suivi ses circulaires, leur a ordonné de reprendre toutes les piles de plaintes qui concernent les enfants, a promis de publier les conclusions de l’enquête administrative sur cette affaire. Ton martial.

Le pré-rapport, dévoilé lundi 22 juin, révèle une série de dysfonctionnements. Le garde des Sceaux s’est empressé de pointer des responsabilités individuelles. Pourtant, en ceux, le document alerte sur le manque de moyens et la surcharge de travail. Sur Franceinfo ce mardi matin, Gérald Darmanin assume un « désaccord profond, quasi frontal » avec le Syndicat de la magistrature, lequel dénonçait les coupes budgétaires. 

Devant ces accusations à peine voilées, l’institution judiciaire grogne. Sur le terrain politique, le ministre de la Justice est accablé. La gauche et le Rassemblement national (RN) demandent sa démission.

Tout le gouvernement est atteint. À Matignon, Sébastien Lecornu est sur une ligne de crête. Devant son gouvernement le 9 juin, il défend la possibilité de passer de peines de 20 ans d’emprisonnement à la perpétuité pour les auteurs de viols en série sur des mineurs et plaide pour que les enquêtes s’effectuent dans un délai de trois mois pour les affaires de crimes contre les mineurs lorsque l’agresseur présumé est identifié. Ces dispositions devraient, selon lui, entrer dans le projet de loi sur la protection des enfants débattu à l’Assemblée mi-juillet.

C’est aussi la position d’Emmanuel Macron. À l’Élysée, le président veut avant tout s’appuyer sur ce texte gouvernemental. « On ne répond pas à un drame par des cris. La précipitation et la démagogie sont des réponses qui ne sont pas à la hauteur, dit-il le 10 juin en conseil des ministres, selon les mots rapportés par Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement. Un texte de loi a été porté en conseil des ministres il y a plusieurs semaines. S’il doit être modifié, c’est uniquement au regard des faits et avec méthode. » Traduction : le locataire veut que le gouvernement se positionne après les rapports d’inspection de la justice et de la gendarmerie.

Le compte n’y est pas

Le même jour, devant le Sénat, Sébastien Lecornu promet la publication d’un décret pour que les

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