« On ne gagne pas une élection présidentielle seulement sur les questions internationales »

L’engagement de certains candidats sur les crises internationales peut-il devenir un atout électoral en 2027 ? Chercheur en science politique, Élie Michel décrypte les limites du poids de l’international dans la présidentielle à venir.

William Jean  • 16 juin 2026 abonné·es
« On ne gagne pas une élection présidentielle seulement sur les questions internationales »
Un bombardement israélien à proximité du village de Kfar Tibnit, dans le sud du Liban, le 14 juin 2026.
© AFP

À huit mois de l’élection présidentielle, les crises internationales semblent déjà rythmer la course à l’Élysée. Élie Michel, chercheur en science politique spécialisé dans les partis politiques et les élections à l’Université de Lausanne (FORS) et associé au Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF), a étudié l’impact de la guerre en Ukraine et du COVID-19 sur le vote Macron en 2022. Alors que le G7 a démarré quelques heures avant la signature d’un fragile accord de paix entre l’Iran et les États-Unis, il analyse pour Politis les facteurs susceptibles d’influencer la présidentielle de 2027.

Vos travaux sur 2022 montrent que le COVID et l’invasion de l’Ukraine par la Russie ont profité à Emmanuel Macron. En 2027, avec un contexte encore plus tendu, mais sans candidat sortant, qui peut capter cet effet ?

Élie Michel : Il peut y avoir un effet de drapeau, c’est-à-dire une augmentation du soutien populaire à court terme des dirigeants d'un pays pendant les périodes de crise internationale, mais cela dépend évidemment de la façon dont ces différentes crises vont se dérouler. En 2027, ce ne sera pas un effet drapeau au sens classique, c'est-à-dire où l'on soutient le pouvoir en place, mais peut-être plutôt la tentation de choisir un candidat mainstream qui paraît moins risqué quand le contexte international est anxiogène.

Mais c'est très difficile à prévoir. En 2022, il faut se rappeler que la guerre en Ukraine a éclaté six semaines avant le premier tour. À plus de huit mois de l'élection, on ne sait pas ce qui va se passer, ni comment cela pourrait affecter la campagne.

Le mot de « souveraineté » a beaucoup été entendu dans les discours sur l’élection présidentielle. Est-ce que cela suffira pour capter l’effet de ralliement au drapeau ?

EM : La souveraineté, qu'elle soit européenne, nationale ou populaire, tous les candidats en ont désormais leur propre version. À ce jour, les guerres en Iran et en Ukraine dominent l’actualité, mais

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