Courrier des lecteurs Politis 951
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Travail, famille, patrie, pognon !
Durant les derniers jours de la campagne électorale qui vient de s'achever, il a été souvent dit que nous risquions l'arrivée au pouvoir de la droite la plus dure depuis Vichy. Nous y sommes. Elle est là, et les élections législatives qui s'annoncent ne sont pas destinées, d'emblée, à diminuer son pouvoir. Il va falloir, très vite, aujourd'hui, sans attendre, nous mobiliser au plus fort de nos énergies pour que ceux qui ont été séduits par ce discours de l'ordre, de l'autorité, du respect, du mérite, ce discours qui veut en finir avec la repentance, qui liquide l'héritage de Mai 68, comprennent l'avenir qui les attend. L'avenir qui nous attend. Allons-nous renoncer à nos libertés, si chèrement acquises, si difficilement maintenues, si fragiles ?
Notre chance est faible de renverser la tendance qui vient de s'exprimer, mais, si nous voulons regarder nos enfants dans les yeux, nous ne pouvons pas renoncer. Si nous voulons qu'ils nous croient quand nous leur dirons que nous avons tout fait pour éviter « ça », nous devons agir.
Comment continuer, comme si de rien n'était, dans la République d'un ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale ? Comment continuer, comme si de rien n'était, dans la République des peines accrues pour les mineurs délinquants ? Comment continuer, comme si de rien n'était, dans la République qui s'oppose au regroupement familial ? Comment continuer, comme si de rien n'était, dans la République du travail obligatoire ? Comment continuer, comme si de rien n'était, dans la République du droit génétique, de la chance aux plus forts, aux plus riches, aux plus méritants ? Comme si on choisissait d'être fort, riche, méritant ! Comme si tout n'était qu'une question de volonté individuelle !
Comment continuer, comme si de rien n'était, dans la République des services publics démantelés ? Prenons-le donc au mot, ce programme qui promet une vie meilleure avec le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux ! Un fonctionnaire sur deux en moins... Parce que ça ne travaillerait pas, un fonctionnaire ? Parce que ça serait inutile, un fonctionnaire ? Parce que ça ne ferait que prendre l'argent du « bon peuple » pour se construire une retraite dorée, un fonctionnaire ?
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