Combien coûte la nature ?

Revendiquer une nature gratuite ? Le temps est loin où ses beautés s’offraient à tous. L’heure est à la préservation de l’essentiel, et il faut y mettre le prix. Certains s’emploient même à calculer sa « valeur ».

Patrick Piro  • 24 décembre 2008 abonné·es

Racket sur les raquettes à neige ! Le cri ­d’alarme a retenti fin 2005 : les ­communes pouvaient percevoir une redevance sur les loisirs « autres que le ski alpin » en cas de frais de balisage, d’entretien, etc. « On n’a besoin de rien , clament les amoureux des balades sous les sapins enneigés. C’est une nouvelle atteinte à la liberté universelle de circulation et aux principes de gratuité des sports et loisirs de nature. À quand un péage pour les balades en forêt ? » Pour bientôt, certainement. Les commerçants n’ont pas attendu le XXIe siècle pour mettre le grappin sur les ressources naturelles. Depuis que l’on sait en tirer des profits, les terres arables, les forêts, les animaux ont des propriétaires. La marchandisation s’est depuis étendue à une gamme chaque fois plus large de « biens et services » rendus par la nature : la jouissance du paysage, le ramassage des châtaignes, l’écoute nocturne du brame du cerf, l’accès au promontoire de saut en parapente, etc. Jusqu’à la pluie, que Bechtel

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Société
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