« Le Crif n’a jamais fait gagner ou perdre une élection »

Le sociologue Samuel Ghiles-Meilhac analyse l’influence réelle de l’association sur la vie politique française.

Hicham Hamza  • 9 février 2012 abonné·es

À quoi sert le dîner du Crif ? 

Samuel Ghiles-Meilhac :** L’idée du dîner revient à Théo Klein, président de 1983 à 1989 de cet organisme rassemblant plus d’une soixantaine d’associations juives. En 1985, il souhaite créer un dialogue régulier entre la communauté juive organisée et le pouvoir politique. Le premier dîner, avec Laurent Fabius, inaugure ce qui devient progressivement un rituel à la fois communautaire et républicain. Dans les années 1990, alors que la Shoah prend une place considérable dans la société française, cette rencontre permet au personnel politique de gauche comme de droite, de « réparer l’histoire », de se rassembler autour de la mémoire des Juifs déportés en assumant les responsabilités de Vichy. Le dîner est aussi, surtout en période

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Temps de lecture : 4 minutes

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