Matthieu Pigasse : Un homme tellement normal

Dans son Éloge de l’anormalité , Matthieu Pigasse enfile les vieilles perles du social-libéralisme, prétendant « innover » face à la crise.

Olivier Doubre  • 17 avril 2014 abonné·es

À44 ans, Matthieu Pigasse est un homme riche et puissant. « Banquier de gauche » (comme le présente sa fiche wikipedia), directeur général de la très fermée banque d’affaires Lazard (essayez d’y ouvrir un compte, pour voir…) et propriétaire des Inrockuptibles, il est l’un des trois principaux actionnaires du Monde depuis 2010 et du Nouvel Observateur depuis quelques semaines. Jeune homme pressé à la situation plus qu’aisée, volontiers sûr de lui car passé par le cursus le plus classique de la formation de l’élite hexagonale (Sciences Po puis l’ENA), Matthieu Pigasse a été une dizaine d’années haut fonctionnaire à Bercy et membre du cabinet de Dominique Strauss-Kahn. Longtemps très proche de ce dernier, un temps conseiller de Laurent Fabius, mais aussi d’un grand nombre de dirigeants du PS (sauf de son aile gauche), il s’est récemment rapproché de Manuel Valls – qui, dit-on, l’aurait consulté ces jours-ci en entrant à Matignon. C’est peu dire, donc, que l’homme est influent parmi nos élus et gouvernants. Si, dans son Éloge de l’anormalité, il met en avant « son expérience de simple citoyen »  (sic), il se flatte aussi de son activité de conseil de nombre de « gouvernements à travers le monde et des crises [qu’il a] vécues dans ce cadre – en

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Idées
Temps de lecture : 7 minutes

Pour aller plus loin…

Ce que l’intelligence artificielle fait au langage humain
Analyse 24 juillet 2026 libéré

Ce que l’intelligence artificielle fait au langage humain

Les grands modèles de langage produisent des textes toujours plus convaincants à mesure que nous les entraînons. Une puissance d’imitation qui conduit à réinterroger les critères qui fondent la valeur du langage et ce qui fait sa créativité.
Par Juliette Heinzlef
« L’IA générative crée une aliénation langagière et idéologique »
Entretien 24 juillet 2026 libéré

« L’IA générative crée une aliénation langagière et idéologique »

Le linguiste François Rastier observe les effets des chatbots sur les humains. Chute de la diversité linguistique, risque populiste, amplification de la désinformation… Il déplore l’absence de cadrage juridique et appelle à promouvoir le « fait humain », comme on le fait par exemple pour le bio.
Par Juliette Heinzlef
Le jeu vidéo, une bonne partie d’utopie
Analyse 23 juillet 2026 abonné·es

Le jeu vidéo, une bonne partie d’utopie

Qu’il s’agisse de collecter les déchets d’une nature postapocalyptique ou d’incarner un agent de douane dans une dictature fictive, l’espace vidéoludique s’apparente, au-delà du divertissement, à un terrain d’expérimentation politique.
Par Juliette Heinzlef
Zidane, sociologie d’un génie
Essai 22 juillet 2026

Zidane, sociologie d’un génie

Stéphane Beaud a choisi le footballeur – sélectionneur pressenti de l’équipe de France masculine de football – comme objet d’étude, depuis ses origines familiales immigrées jusqu’à cette figure de prodige du ballon rond.  
Par Olivier Doubre