Fin de la trêve hivernale : suspendre les expulsions

Alors que la trêve hivernale prend fin ce 31 mars, des associations de lutte contre le mal logement réclament au gouvernement des moyens pour faire face à la crise.

Célia Coudret  • 31 mars 2016
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Fin de la trêve hivernale : suspendre les expulsions
© CITIZENSIDE/DENIS PREZAT / citizenside.com

La trêve hivernale prend fin ce jeudi soir à minuit. Elle signe la reprise des expulsions locatives et la fermeture des centres d’hébergement. SDF, locataires sans ressources, retraités précaires, familles en attente d’un hébergement d’urgence… 3,8 millions de personnes sont mal-logées en France, d’après le dernier rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre.

30 à 40 000 personnes seraient expulsables dès le vendredi 1eravril, selon les prévisions du Réseau stop aux expulsions de logement (Résel). Par ailleurs, le Collectif des associations unies (CAU) demande l’arrêt des expulsions pour les personnes vivant en squat ou bidonville, lorsqu’elles n’ont pas de solutions d’hébergement avec accompagnement.

La FNARS, fédération de plusieurs centaines d’associations de solidarité et d’insertion, appelle aujourd’hui le gouvernement à suspendre les expulsions, et à accroître les moyens pour répondre à la crise du logement et en particulier de l’hébergement d’urgence.

Le Samu social dépassé

Le Samu social est complètement saturé par une demande sans cesse en augmentation, renchérit l’ONG Médecins du monde. Une personne interrogée sur cinq aurait été mise à l’abri une fois par le 115, alors que tous combinaient précarité, absence de domicile fixe et vulnérabilité. Médecins du Monde et le Collectif d’associations unies (CAU), dont l’ONG fait partie, signalent l’échec d’un système qui ne parvient plus à prendre en charge les personnes les plus vulnérables. Les moyens du numéro d’appel d’urgence 115 doivent être renforcés afin d’offrir un parc d’hébergement d’urgence « inconditionnel et digne ».

55 % des personnes interrogées par Médecins du monde n’ont jamais fait appel au 115. 43% d’entre elles ne connaissent même pas l’existence du numéro d’appel, tandis que les autres, découragées par le manque de places, les difficultés pour joindre le dispositif ou par les mauvaises expériences, ne souhaitent pas y avoir recours. Autant de personnes très précarisées qui restent invisibles des statistiques officielles, ces dernières ne comptant que les celles finalement secourues par le Samu social.

Développer le logement à bas loyers

Développer rapidement l’offre de logements peu chers serait une des premières conditions pour palier la crise du mal-logement, selon le CAU. Ce dernier réclame la production de 150 000 logements sociaux par an, dont 60 000 en PLAI (prêt locatif aidé d’intégration réservé aux personnes en situation de grande précarité). Pour ce faire, le CAU demande au gouvernement de nouveaux moyens dédiés à leur construction et à leur gestion.

L’extension de la garantie locative VISALE (caution locative pour les salariés jeunes ou précaires) à tous les salariés précaires et personnes sans emploi, est elle aussi réclamée par le collectif. Cette mesure permettrait à la fois de protéger les locataires et de sécuriser les propriétaires. Le VISALE pourrait ainsi devenir un véritable levier de prévention des impayés et des expulsions.

Les associations de lutte contre le mal logement manifesteront contre les expulsions samedi 2 avril à Paris.

Société
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