D’une expulsion à l’autre

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Le 4 avril au matin, trois navires affrétés par Frontex (l’agence européenne de contrôle des frontières extérieures) ont ramené sur le sol turc 202 migrants arrivés illégalement en Grèce. Le même jour, 32 Syriens se sont envolés de Turquie pour rejoindre l’Allemagne. Soit l’application presque à la lettre de l’accord passé le 18 mars entre l’UE, qui prévoit le renvoi en Turquie de tous les migrants ayant accosté sur les côtes grecques depuis le 20 mars, demandeurs d’asile ou non, en contrepartie de l’accueil de réfugiés en Europe emmenés directement depuis la Turquie. Dans les îles grecques de Chios et de Lesbos, les camps d’enregistrement des réfugiés se sont transformés en centres de détention. Qui entre n’en sort qu’après obtention de l’asile ou pour être expulsé. Ce 4 avril, 131 Pakistanais, 42 Afghans, 10 Iraniens, cinq Congolais, quatre Sri Lankais, trois Bangladais, trois Indiens, deux Syriens, un Ivoirien et un Somalien ont ainsi été renvoyés sous bonne garde, chaque migrant étant accompagné d’un policier. Une première réussite de l’accord, selon certains ; le début d’une infamie, pour d’autres. Car la Turquie est tout sauf un « pays sûr » pour les réfugiés, dénonce Amnesty International. Dans un rapport paru le 1er avril, l’ONG accuse Ankara d’arrêter et d’expulser chaque jour des dizaines de réfugiés syriens vers leur pays en guerre, au mépris du droit international de l’asile.


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