Attentat de Nice : des complices inconnus des renseignements.

Denis Sieffert  • 22 juillet 2016
Partager :
Attentat de Nice : des complices inconnus des renseignements.
© Photo : Valery HACHE / AFP.

Les enquêtes après l’attentat du 14 juillet, à Nice, ont rebondi jeudi sur deux fronts. Dans le volet judiciaire, l’ordinateur et le téléphone ont révélé que le tueur avait bénéficié de complicités pour un acte probablement prémédité de longue date. Ce qui contredit les premières hypothèses. D’autre part, la polémique enfle sur les responsabilités de l’État et les effectifs de la police nationale au soir de l’attentat.

Sur le premier volet, des vérités différentes, et passablement contradictoires, apparaissent presque chaque jour. Il est à présent établi qu’aucun des complices présumés du tueur n’était connu des services de renseignement. Il s’agit d’un Franco-tunisien de 21 ans condamné à six reprises pour vols, violence et usages de stupéfiants, d’un Tunisien de 37 ans au casier judiciaire vierge, et d’un autre Franco-tunisien de 40 ans, sans antécédent judiciaire lui non plus.

Ces personnages auraient tous été en relation avec le tueur avant l’attentat, évoquant avec lui par sms la question des armes, ou ayant procédé à ce qui s’apparente à un repérage. Avec eux, un couple d’Albanais, suspecté d’avoir fourni un pistolet à Mohamed Lahouaiej Bouhlel, a également été placé en détention. A ce stade, le procureur de la République, François Molins, a indiqué qu’il n’y avait pas de preuves de liens directs avec Daech, bien que l’organisation djihadiste ait revendiqué l’attentat. Et un seul de ces suspects aurait utilisé une terminologie religieuse dans un sms adressé au futur tueur au lendemain de l’attentat de Charlie-Hebdo : « Je suis content, ils ont ramené les soldats d’Allah pour finir le travail ». Une formule qui, toutefois, ne permet pas de conclure à coup sûr à une radicalité religieuse.

Dans le second volet, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, a ordonné une enquête administrative à l’inspection générale de la police nationale à la suite des articles de Libération accusant le ministre de mensonges à propos du dispositif de sécurité en place au soir du 14 juillet.

Dans ses deux volets, l’attentat du 14 juillet risque fort d’avoir encore des prolongements politiques concernant les effectifs des services de renseignements et le nombre des policiers municipaux et nationaux sur place à Nice. De quoi impliquer au moins autant la période Sarkozy que la gestion actuelle du ministère de l’Intérieur.

Police / Justice
Temps de lecture : 2 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

La criminalisation de l’antifascisme inquiète les soutiens de Zaid et Gino, menacés d’extradition
Justice 19 février 2026

La criminalisation de l’antifascisme inquiète les soutiens de Zaid et Gino, menacés d’extradition

La cour d’appel de Paris devait se prononcer le 18 février sur l’extradition de deux militants antifas poursuivis dans l’affaire de Budapest. Si l’audience a été renvoyée au 18 mars, l’inquiétude liée au contexte politique français depuis le meurtre de Quentin Deranque à Lyon, s’est fait ressentir parmi les soutiens.
Par Pauline Migevant
Extrême droite armée, police peu réactive… Après la mort de Quentin Deranque, des faits et des questions
Enquête 18 février 2026 abonné·es

Extrême droite armée, police peu réactive… Après la mort de Quentin Deranque, des faits et des questions

Neuf personnes appartenant à la Jeune Garde ont été interpellées, mardi soir, dans l’enquête concernant la mort du militant nationaliste, Quentin Deranque. L’enquête policière avance avec un déroulé précis de faits qui commencent à s’éclairer, avec encore des questions en suspens.
Par Pierre Jequier-Zalc
Juste(s) juges – Épisode 3
Série documentaire 13 février 2026 abonné·es

Juste(s) juges – Épisode 3

Découvrez, en exclusivité sur Politis.fr, le troisième épisode de la série documentaire de Jean-Pierre Bloc consacrée à la dimension politique de la justice.
Par Jean-Pierre Bloc
Procès RN : le compte à rebours est lancé pour Marine Le Pen
Récit 11 février 2026 abonné·es

Procès RN : le compte à rebours est lancé pour Marine Le Pen

Le procès en appel des assistants parlementaires du RN s’est achevé ce mercredi 11 février à Paris, après les dernières plaidoiries de la défense. La cour a mis sa décision en délibéré, attendue d’ici à juillet, avec l’inéligibilité de Marine Le Pen en ligne de mire.
Par Maxime Sirvins