L’énorme fragilité des éléphants
La lutte contre le trafic d’ivoire se renforce, alors que le massacre des pachydermes se poursuit. Mais la destruction des habitats naturels et le dérèglement climatique menacent tout autant l’espèce.
dans l’hebdo N° 1412 Acheter ce numéro

La communauté internationale aurait-elle enfin pris conscience de la gravité de la menace qui pèse sur les éléphants ? Lundi 20 juin, les ministres de l’Environnement de l’Union européenne ont adopté pour cinq ans un plan d’action contre le trafic d’espèces sauvages, qui implique, entre autres, que les États reconnaissent le commerce de l’ivoire comme un « crime grave ». Le plan veut s’attaquer à tous les maillons de la chaîne. La priorité est de renforcer les sanctions au niveau national et de consolider le partenariat mondial entre les pays d’origine, les pays de destination et les pays de transit. Début juin, les États-Unis, deuxième destination mondiale du trafic, annonçaient des mesures similaires.
Plusieurs associations de défense de la nature se sont félicitées de l’avancée européenne, dont le WWF, qui avait publié, début juin, un rapport particulièrement alarmant : dans la fameuse réserve tanzanienne de Selous, l’une des plus importantes au monde, la population d’éléphants s’est effondrée, réduite de près de 90 % en quarante ans à peine. En cause : le braconnage. À ce rythme, les éléphants de Selous auront disparu en 2022.
L’échantillon illustre la situation catastrophique du continent africain. Il