Notre-Dame-des-Landes : La bataille des arguments
Un méticuleux travail de contre-expertise a permis de prouver l’inutilité du « transfert » de l’actuel aéroport de Nantes-Atlantique en pleine zone protégée.
dans l’hebdo N° 1411 Acheter ce numéro

C’est un trésor un peu ardu à explorer, mais il recèle une intelligence collective hors du commun. En huit ans de lutte, plusieurs collectifs de citoyens ont produit leur propre expertise pour répondre aux arguments des défenseurs du projet. Sur le plan économique, l’architecture, la protection de l’environnement ou la pertinence des choix urbanistiques, ils ont fourni un énorme travail pour démontrer l’illégitimité de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.
Comme souvent dans ce type de projet, une pluie de chiffres a été déversée pour noyer le débat sous un torrent de pseudo--rationalité. La Direction générale de l’aviation civile (DGAC), soutien inconditionnel d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes, a notamment fait valoir que le « transfert » permettrait de dégager 911 millions d’euros « d’avantages ». Une somme rondelette, qui équivaut au double du prix de l’aéroport estimé par AGO, la filiale de Vinci (446 millions d’euros). Et ce sont les services de l’État qui le disent !
C’était compter sans l’opiniâtreté d’un collectif d’élus opposés au projet, le Cédpa, qui s’est offert les services d’un cabinet indépendant spécialiste du secteur aérien, CE Delft, pour révéler le caractère fantaisiste de ce