Accords de partenariat économiques : offensive libérale sur l’Afrique
Entre chantage et menaces, l’Europe veut imposer au continent africain une libéralisation du commerce qui risque de lui coûter cher.
dans l’hebdo N° 1417 Acheter ce numéro

L’ultimatum est fixé au 1er octobre. S’ils n’ont pas cédé à cette date, certains pays africains verront leurs produits taxés par les douanes européennes. C’est la menace déployée par la Commission européenne pour forcer la main aux derniers récalcitrants qui résistent encore aux Accords de partenariat économique (APE), treize ans après le début des négociations.
Bien moins connus que leur équivalent trans-atlantique, le Tafta, les APE cachent derrière une apparente technicité une logique simple : l’Afrique doit s’ouvrir à la mondialisation et abandonner ses droits de douane sur les marchandises européennes. Et ce au nom du « sens de l’histoire » et du libéralisme « gagnant-gagnant », à en croire les hauts fonctionnaires européens. Pourtant, les pays africains n’ont concrètement rien à y gagner. Depuis leur indépendance, ils ont obtenu le droit de vendre leurs marchandises en Europe sans payer de droits de douane, tout en maintenant des taxes sur les importations en provenance d’Europe pour se protéger de la concurrence.
Accords « asymétriques »Aujourd’hui, la Commission européenne ne veut plus entendre parler de ces accords dits « asymétriques ». La première puissance agricole du monde veut commercer d’égal à égal avec un continent sept fois moins riche qu’elle. Contre le maintien des avantages commerciaux accordés à l’Afrique, elle exige donc la suppression des trois quarts des taxes sur les produits européens entrant en Afrique. Et les impôts que certains pays africains font peser sur leurs propres exportations, notamment pour encourager les grandes entreprises exportatrices à transformer les matières premières sur le sol africain, doivent aussi disparaître.
Les APE doivent également sceller de façon irréversible la relation commerciale privilégiée entre