Au Mexique, presque 30 000 disparitions forcées en dix ans

Alors que les chiffres officiels montrent une augmentation de ce phénomène, les autorités internationales peinent à faire progresser la législation mexicaine.

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Le problème des disparitions forcées prend « une dimension terrifiante » au Mexique selon les mots de Jésus Peña Palacios, représentant adjoint au Mexique de la commission des droits de l'homme des Nations unies.

Le droit international définit les disparitions forcées comme les arrestations, enlèvements ou séquestrations de personnes par des organisations, souvent l'État, qui refusent de révéler où se trouve la victime ni ce qu'elle est advenue. Depuis 2002, le statut de Rome de la Cour pénale internationale reconnaît ce genre de disparition comme un crime contre l'humanité.

D'après les chiffres officiels du gouvernement mexicain, en dix ans, 29 917 personnes ont disparu de cette manière. Cela revient à dix cas par jour depuis 2006, date à laquelle le Président Felipe Calderón a déclaré « la guerre contre les cartels de drogue ». Mais il existe cependant un chiffre noir, soulignent les experts mexicains. « Aucune institution ne connaît le nombre exact de disparitions forcées », insiste la division scientifique de la police fédérale.

Les étudiants d’Ayotzinapa

L'enlèvement d'Iguala avait été médiatisé dans le monde entier. Le 26 septembre 2014, 42 étudiants de l'école normale rurale d'Ayotzinapa dans l'État de Guerrero disparaissent dans des circonstances floues. Le ministre de la Justice accusait le maire d'Iguala d'avoir livré les étudiants à des narcotrafiquants, qui les auraient tués avant de bruler leurs corps.

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Mais cinq experts, mandatés par la commission interaméricaine des droits de l'homme ont fait voler en éclats cette version officielle en publiant une contre-enquête, pointant les inexactitudes scientifiques et de nombreuses pistes non explorées, notamment des cas de témoignages obtenus sous la torture.

Un combat pour la justice et la vérité

Cet épisode a montré le besoin d'institutions médico-légales autonomes et indépendantes. Les organisations non gouvernementales internationales insistent pour que la loi contre les disparitions forcées, actuellement discutée au Sénat, soit adoptée. D'autant que la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, adoptée le 20 décembre 2006 par les Nations unies, dispose que les familles de disparus peuvent exiger de connaître la vérité sur le sort de leurs proches.

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Afin de sensibiliser l'opinion publique internationale à cette tragédie, le collectif Huellas de la memoria avait organisé une exposition à Paris début avril. Sous une quarantaine de chaussures accrochées au plafond, des parents des étudiants disparus ont crié leur message : « Vivants ils les ont emmenés, vivants nous les voulons ! »


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