Emmanuel Macron, un roitelet en quête de majorité

Fier comme un prince, le Président nouvellement élu a livré un discours bref et sans réelle consistance devant ses supporters rassemblés sur l’esplanade du Louvre. Il a appelé les français à lui donner une majorité aux législatives.

Nadia Sweeny  • 7 mai 2017
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Emmanuel Macron, un roitelet en quête de majorité
© photo : David Ramos / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images/AFP

Quelques milliers de personnes étaient présentes sur l’esplanade du Louvre ce dimanche au soir pour fêter la victoire d’Emmanuel Macron. Mais si la foule s’est rassemblée par vague – retardée par les mesures extrêmement strictes de sécurité – devant la scène qui a accueilli le nouveau président de la République, l’ambiance était assez mitigée. Certes, les aficionados ont laissé éclater leur joie, mais beaucoup sont conscients que rien n’est encore joué avant les législatives. D’autant que le nouveau locataire de l’Élysée démarre un quinquennat extrêmement difficile : « Il faudra qu’il s’occupe principalement des classes populaires, s’alarme Françoise, 70 ans, qui a toujours voté à gauche. Je pense que l’enjeux majeur c’est la situation économique et sociale. »

Les premiers mots du Président ont été « pour ceux qui ont voté pour [lui] sans avoir mes idées », ainsi que « ceux qui ont voté pour Marine Le Pen ». Déclarant « comprendre la colère » qui s’exprime, Emmanuel Macron s’est engagé à faire « tout pour ne donner aucune raison de voter pour les extrêmes ».

Emmanuel Macron est apparu sur scène après de longues minutes de silence et dans une quasi-obscurité autour de l’esplanade du Louvre. Traversant de manière solennelle l’ensemble de la place, sur fond d’Hymne à la joie – tranchant avec les tubes de Maître Gims ou Magic System diffusés juste avant –, le nouveau Président s’est avancé seul, au milieu de ce lieu « historique » qui n’est pas sans rappeler les heures royales de la France. 

Devant un parterre de sympathisants et militants, le Président élu s’est fendu d’un discours particulièrement bref et sans réelle consistance. Répétant inlassablement que sa « tâche est immense », il a appelé les français à lui donner une « majorité de changement » aux prochaines élections législatives, un troisième tour qui s’annonce particulièrement serré.

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