Le triomphe de l’idéologie gestionnaire

Emmanuel Macron installe la culture managériale au plus haut niveau de l’État, en scellant une pensée unique néolibérale qui nie le besoin de respiration démocratique du pays.

Erwan Manac'h  et  Nadia Sweeny  • 24 mai 2017 abonné·es
Le triomphe de l’idéologie gestionnaire
© photo : PHILIPPE WOJAZER/POOL/AFP

Nouveaux ministres, conseillers, candidats aux législatives : en apparence, l’attelage gouvernemental dessiné par Emmanuel Macron suit un équilibre subtil, bien qu’il tangue nettement à droite. La parité et la promesse de renouveler les visages ont été respectées. Et le trombinoscope fait émerger des personnalités apparemment conciliatrices, toutes excellentes dans leur domaine. Une dream team sans aspérités. « Emmanuel Macron a nommé des gens qui lui ressemblent », observe, enthousiaste, Élise Cadren, cadre de la fonction publique territoriale et formatrice auprès des élus. Le portrait-robot de l’homme ou de la femme de l’équipe Macron présente en effet les principaux traits du nouveau gardien de l’Élysée : un technocrate ayant zigzagué entre la haute fonction publique et la direction de grandes entreprises, pur produit de l’élitisme à la française, porteur d’une vision résolument libérale de l’économie.

Premier constat, tant au gouvernement qu’aux législatives, la France d’En marche ! est sociologiquement uniforme. La revue d’effectifs des 526 candidats macroniens aux législatives, menée notamment par l’hebdo Marianne, dénombre 90 % de CSP+, la catégorie sociale favorisée qui ne représente pourtant que 9,5 % de la population totale, selon l’Insee. Le CV des 11 personnalités « de la société civile » alignées au gouvernement se révèle également être celui de hauts gradés. Avec une solide expérience dans la haute administration. Et, si le nombre d’énarques est limité au gouvernement (Bruno Le Maire, Sylvie Goulard et Édouard Philippe), les anciens élèves de l’école sont en écrasante

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