Rennes, ville à croquer

La capitale bretonne s’engage dans une transition écologique reposant notamment sur la valorisation de l’agriculture urbaine.

Vanina Delmas  • 20 décembre 2017 abonné·es
Rennes, ville à croquer
Un jardin partagé sur le toit de la Maison de la consommation et de l’environnement, à Rennes.
© Martin Bertrand/Hans Lucas/AFP

Bienvenue dans la plus grande ferme de Rennes mais la plus petite de Bretagne ! », lance joyeusement Mikaël Hardy, en guise de mots d’accueil. À la lisière de la ville, dans le quartier de la Prévalaye, cet agriculteur s’occupe depuis un an de Perma G’Rennes, la première micro-ferme intensive maraîchère en permaculture implantée dans la capitale bretonne.

Un petit sentier orné d’une haie d’honneur de courges matures guide le visiteur jusqu’aux 5 000 m2 de terre dévoilant un écosystème savamment travaillé. Dans les serres blanches, semblant elles aussi sorties du sol, quelques plantes originales attirent l’œil et titillent les papilles. Goût d’ananas, d’huître, de fromage et même… de Coca-Cola ! « Les restaurateurs les ont découvertes cet été, ils en sont fous ! », s’amuse Mikaël. Sa production de fruits, légumes, plantes et confitures, il la vend en direct sur le marché entièrement bio implanté sur le mail François-Mitterrand, en centre-ville, tous les mercredis. « On n’utilise ni pesticides ni mécanisation. On ne désherbe même pas », souligne-t-il en montrant les herbes folles en liberté.

Dans cet écrin de verdure, les cris des footballeurs amateurs se mêlent au chant des oiseaux, et l’odeur de l’humus couvre celle, très âcre, des particules fines planant au-­dessus de la rocade, à quelques mètres. Jusque dans les années 1980, le site de la Prévalaye était le « grenier à légumes » et la fabrique de beurre de la ville. Puis les agriculteurs ont disparu, les terres sont devenues des friches. La ville, qui en possède toujours 300 hectares, a décidé de les utiliser à

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Économie
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Ils inventent une autre économie
Temps de lecture : 8 minutes

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