« L’état d’urgence fait des dégâts humains »
Dans un essai nourri de témoignages, Hassina Mechaï et Sihem Zine livrent une enquête sur un état d’exception qui génère des injustices sans parvenir à combattre le terrorisme.
dans l’hebdo N° 1501-1502 Acheter ce numéro

© CHRISTELLE ALIX/PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE/AFP
C’est un livre éclairant qu’ont écrit Hassina Mechaï et Sihem Zine, sur les injustices causées par l’état d’urgence et les dangers contenus dans la loi antiterroriste qui l’a suivi. La journaliste et la présidente de l’association Action droits des musulmans (ADM), qui lutte depuis 2016 contre l’islamophobie et accompagne les victimes de l’état d’urgence, ont recueilli vingt-cinq témoignages de victimes de perquisitions ou d’assignations à résidence abusives et les ont enrichis d’analyses factuelles sur l’inefficacité des mesures de cet état d’exception. Elles plongent dans un moment qui, du 13 novembre 2015 au 1er novembre 2017, a mis l’état de droit entre parenthèses, en s’acharnant sur de nombreux innocents.
Qu’est-ce qui explique que l’état d’urgence s’applique encore aujourd’hui ?
Sihem Zine : La loi du 30 octobre 2017 sur la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme a transposé quatre articles de cet état censé être d’exception dans le droit commun : l’assignation à résidence, la perquisition administrative, la fermeture des lieux de culte et la mise en place de périmètres de protection. Certaines mesures ont été rendues plus contraignantes. C’est le cas de l’assignation à résidence, devenue « mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance », qui oblige la personne concernée à rester dans sa commune, ce qui peut l’empêcher de travailler ou de voir
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