Mexique : López Obrador, l’espoir à gauche

Le favori de la présidentielle, candidat atypique, promet une lutte radicale contre la corruption et des réformes sociales majeures.

Françoise Escarpit  • 27 juin 2018 abonné·es
Mexique : López Obrador, l’espoir à gauche
© photo : « Amlo », 64 ans, se présente pour la troisième fois à la présidentielle. crédit : Fernando CASTILLO-MICPHOTOPRESS/AFP

Un président de gauche pour le Mexique : la perspective, très réelle, a de quoi donner le vertige politique dans un pays gouverné depuis l’après-guerre par l’hégémonique Parti révolutionnaire institutionnel (PRI, libéral centre-droit), règne à peine interrompu dans les années 2000 par le PAN (conservateurs), qui n’a résolu aucun des grands problèmes des Mexicains.

Dans la campagne du Tabasco, État du sud frontalier du Guatemala, on voit parfois dans les maisons un autel consacré à Andrés « Manuelito », semblable à ceux dédiés à saint Jude ou à sainte Rita – patrons des causes perdues. Face à l’impuissance des partis politiques dominants, le candidat Andrés Manuel López Obrador, « Amlo », cristallise l’espoir d’un peuple accablé de maux endémiques – violence meurtrière des cartels, corruption, pauvreté. L’élection passionne le pays entier, tout autant que la Coupe du monde de foot. Depuis des mois, López Obrador domine sans partage toutes les enquêtes d’opinion. Et sa popularité n’a pas faibli d’un pouce alors que près de 88 millions d’électeurs (pour 125 millions d’habitants) sont appelés le 1er juillet à élire, sur un tour, leur président. Dans les derniers sondages, il était crédité de 48 % des intentions, contre 38 % pour Ricardo Anaya (PAN) et 20 % pour

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Monde
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