Gilets jaunes : une liste et un parti

Une partie des gilets jaunes se lancent dans des initiatives électoralistes qui ne font pas l’unanimité.

Michel Soudais  • 29 janvier 2019
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Gilets jaunes : une liste et un parti
photo : Ingrid Levavasseur.
© GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

Annoncée le 23 janvier par un simple communiqué, la liste de gilets jaunes pour les européennes baptisée « RIC », pour Ralliement d’initiative citoyenne, fortement médiatisée, a déjà du plomb dans l’aile. Marc Doyer, annoncé parmi les dix premiers noms de cette liste conduite par l’aide-soignante normande Ingrid Levavasseur, bien qu’il n’ait jamais été sur un rond-point, s’est retiré le 28 janvier. Il lui était reproché d’avoir été candidat à la candidature En marche ! aux législatives et membre du bureau départemental LREM de l’Oise jusqu’à fin décembre. Le même jour, Hayk Shahinyan, le directeur de campagne, faisait savoir qu’il se retirait du projet pour « prendre du recul ».

L’initiative de cette liste, lancée avec le « soutien moral » de Bernard Tapie ainsi que l’a précisé Ingrid Levavasseur, a été saluée positivement par plusieurs ministres et élus macroniens. Elle est toutefois très loin de faire l’unanimité parmi les gilets jaunes, d’où ces désistements. « Ces candidatures […] feront le jeu de LREM » en faisant baisser les votes pour les autres partis, a déploré dans un communiqué « La France en colère ! », le groupe d’Éric Drouet, après une consultation de ses membres dont 18 000 (98 %) sont contre une liste gilets jaunes. Cette liste « va faire monter en flèche LREM », estime pareillement Jacline Mouraud. Cette Bretonne de 51 ans, qui se présente comme hypnothérapeute et artiste, a annoncé dimanche à Orléans la création de son propre parti, « Les Émergents », qu’elle n’envisage de présenter aux élections qu’en 2020, aux municipales.

Politique
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