Mélissa Plaza : « Le foot n’est que le miroir grossissant de la société »

Joueuse professionnelle, diplômée d’un doctorat en psychologie sociale, Mélissa Plaza a raccroché les crampons il y a trois ans. Dans un ouvrage sensible, elle raconte son parcours personnel dans un univers sexiste.

Jean-Claude Renard  • 5 juin 2019 abonné·es
Mélissa Plaza : « Le foot n’est que le miroir grossissant de la société »
© crédit photo : Piergab

Elle est à peine en école primaire qu’elle ne songe qu’à une chose : le ballon rond. Élevée dans un univers familial violent, Mélissa Plaza a tôt fait du foot sa bouée de sauvetage. Elle sera joueuse professionnelle, évoluant notamment à Montpellier, gagnant deux championnats de France avec Lyon, tout en travaillant au McDo pour boucler des fins de mois difficiles, et menant de front des études universitaires qui la mèneront jusqu’au doctorat. Dans son ouvrage autobiographique remarquable, livré sans fard, elle confie son itinéraire, à contre-courant des clichés, au sein d’un milieu marqué par les discriminations. Aujourd’hui enseignante et conférencière, sensibilisant le public aux stéréotypes sexués et aux violences qui en découlent, elle porte sur le football un regard sans concession, mais aussi passionné.

Vous êtes encore gamine et vous voulez être footballeuse. On vous en décourage. Pourquoi ?

Mélissa Plaza : À l’époque, il était très mal vu de troquer la robe pour le bermuda. J’ai toujours été la seule fille, dans le quartier, à l’école, à jouer au foot. Très vite, on vous fait comprendre que vous n’êtes pas à votre place. L’expression courante de « garçon manqué » vous signifie clairement que vous ne faites pas ce qu’on attend de vous en tant que femme. On vit avec les remarques, les moqueries, dès l’âge de 8 ans.

Le foot serait donc un sport sexiste ?

C’est évident, et au-delà du foot, le sport en général, dernier bastion du sexisme. Le foot n’est que le miroir grossissant de la

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Société
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Femmes et sports : Terrains à déminer
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