Nouvelle épreuve pour La Réunion
Déjà affectée par la rude séquence des gilets jaunes, l’économie de l’île subit de plein fouet les effets du confinement.
dans l’hebdo N° 1603 Acheter ce numéro

Déjà plusieurs semaines que le centre-ville de Saint-Denis est déserté, à quelques jours du 11 mai. Seuls quelques commerces alimentaires n’ont pas baissé le rideau, réduisant leur activité à la vente à emporter. Cari, rougail et gratin, une ardoise propose aux rares passants des spécialités locales, devant une petite terrasse colorée, vide elle aussi. Un cadre ensoleillé et paisible, en réalité habité par l’angoisse des jours à venir.
Jean-Charles Nagou est venu livrer ses produits artisanaux à ce restaurant, dont le gérant, qui travaille seul, se réjouit de ne pas avoir de salaire à verser. À l’inverse de son fournisseur, qui craint de ne bientôt plus pouvoir « payer ses gars ». Les deux -collègues et amis sauvent les meubles comme ils peuvent, mais ne cachent pas leur détresse face à « l’hécatombe qui s’annonce ». Ici, pas d’inquiétude outre mesure en ce qui concerne la santé, puisque la victoire contre le virus semble en bonne voie. Il ne circule que très peu sur l’île. On compte 427 cas – pour la plupart importés – et aucun mort. D’un point de vue économique et social, en revanche, le tableau est plus sombre.
Si l’impact du coronavirus marque une rupture inédite pour beaucoup de Français, il a un goût amer de déjà-vu à La Réunion. Il y a dix-huit mois, l’économie réunionnaise avait été paralysée par le mouvement des gilets jaunes, de façon bien plus violente qu’en métropole. Pendant plus de