Climat : L’urgence traitée par le mépris

Non seulement le projet de loi censé encadrer la transition écologique affiche de faibles ambitions au regard des enjeux, mais toute proposition visant à le renforcer est soigneusement écartée.

Depuis le 8 mars, le projet de loi surnommé « climat et résilience » est examiné en commission spéciale à l’Assemblée nationale. Les espérances n’étaient pas grandes mais le sentiment de déception est inévitable pour les député·es de l’opposition. Le texte initial avait déjà donné un coup de canif dans le contrat entre le Président et les 150 membres de la Convention citoyenne pour le climat (CCC) puisque seulement une douzaine de mesures issues de leurs propositions a été reprise. Loin du « sans filtre ». Nombre des 5 300 amendements déposés tentent laborieusement de rehausser l’ambition climatique du texte mais la majorité ne manque ni d’astuces ni d’audace pour esquiver chaque mesure pouvant solidifier une véritable transition écologique et sociale. Pour le sénateur écologiste Ronan Dantec, « ce texte est un adieu à l’accord de Paris ». « Si le gouvernement avait mis sur la table un vrai projet pour atteindre une baisse des émissions de gaz à effet de serre (GES) de - 55 % d’ici à 2030 (et non plus de - 40 %), on aurait pu dire que plusieurs projets écologistes se confrontent. Mais ce n’est pas le cas : le gouvernement s’écarte complètement de l’écologie. »

Et de la démocratie, car la possibilité même de débattre est en péril. Laurence Maillart-Méhaignerie, députée LREM d’Ille-et-Vilaine et présidente de la commission spéciale, avait prévenu que « si des amendements devaient reprendre des propositions de la CCC sans présenter de lien, même indirect, avec le dispositif des articles du projet de loi (…), ils seraient considérés comme irrecevables sur le fondement de l’article 45 de la Constitution ».

Lire > Loi climat : Une caricature de débat démocratique

Mathilde Panot, députée La France insoumise du Val-de-Marne, indique qu’un tiers des amendements de son groupe ont été retoqués « avant même d’être discutés, avec des motifs parfois délirants, notamment ceux concernant la malbouffe, les accords de libre-échange, les fermes usines ou la hausse des ambitions sur la diminution des émissions de GES. Je mets au défi quiconque de m’expliquer en quoi ces thèmes n’ont pas de lien avec le climat ! » Avec son camarade Loïc Prud’homme, député de Gironde, ils ont rebaptisé le projet de loi « climat et allégeance aux lobbys ».

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