Entre EELV et LFI, le grand cafouillage
Un vent d’anarchie souffle sur les régionales. D’une région à l’autre, les relations entre La France insoumise et les Verts passent de l’amour à la haine, sans grande cohérence politique.
dans l’hebdo N° 1656 Acheter ce numéro

© Sébastien SALOM-GOMIS/AFP
Après les jours d’orage, grand soleil ce 28 mai à Angers. À la terrasse d’une guinguette bucolique, encerclée par les grenouilles, des militant·es Verts, insoumis et Génération·s trinquent dans une chaleur estivale. Dans ce bout de paradis au bord de la Loire, l’alliance paraît facile, évidente. Presque tous les convives se retrouvent sur la liste de Matthieu Orphelin, en lice pour la présidence de la région Pays de la Loire. Éric Piolle se joint aussi à la fête ce vendredi, accueilli en rock star de l’union des gauches. Comme Alexis Corbière, Benoît Hamon ou David Cormand avant lui, le maire de Grenoble a fait le déplacement pour soutenir l’effort collectif. Décontracté, il alterne entre des temps d’écoute, des questions, quelques anecdotes. Les vacances sont presque là. « Je voulais vous demander, est-ce que c’est facile de travailler avec les insoumis ? » La question fuse et laisse un blanc. L’invité prend un temps avant de répondre, à peine gêné : « C’est vrai que Jean-Luc à des positions parfois clivantes, ça fait partie de sa personnalité… Mais on peut s’entendre sur beaucoup de points. À Grenoble, on fonctionne ensemble dans un même groupe, pour quelqu’un d’extérieur c’est difficile de dire qui appartient au Parti de gauche ou aux Verts. Évidemment,