Primaire écologiste : Deux candidat·es pour un vrai choix

Le second tour met finalement en scène un débat classique chez les écologistes, entre le plus apte aux compromis et la plus radicale.

Politis  • 22 septembre 2021
Partager :
Primaire écologiste : Deux candidat·es pour un vrai choix
© JOEL SAGET / AFP

Le premier tour de la primaire des écologistes, organisé pour choisir celle ou celui qui portera leurs couleurs à la présidentielle, a livré un résultat moins inattendu qu’il n’y paraît. Avec 87 % de participation (sur 122 670 inscrit·es), Yannick Jadot arrive en tête (27,70 %), devant Sandrine Rousseau (25,14 %), Delphine Batho (22,32 %), Éric Piolle (22,29 %) et Jean-Marc Governatori (2,35 %). Certes, les journées d’été d’EELV semblaient asseoir Piolle dans le fauteuil du favori, mais il s’est révélé peu percutant lors des trois débats opposant les concurrent·es. Et Jadot, le préféré à… 69 % selon un sondage Ipsos (à la méthodologie contestée), était supposé « écraser la primaire » ! Mais les primaires font souvent rentrer dans le rang les « grandissimes » favori·tes, que le public écolo n’aime pas qu’on lui désigne (Hulot, Duflot). Illustration avec la percée de la très pugnace Sandrine Rousseau, perceptible depuis des semaines.

Avec ces deux qualifié·es, et au coude-à-coude, le second tour met finalement en scène un débat classique chez les écologistes, entre le plus apte aux compromis et la plus radicale, Jadot « pour une écologie de gouvernement » ou Rousseau « écologiste de gauche et sociale ».

Cependant, cette lisibilité ne suffit pas à prédire la suite. Governatori soutient Jadot, mais c’est anecdotique. Les soutiens de Rousseau additionnent prestement les voix de Batho et Piolle à celles de leur favorite, mais c’est aller vite en besogne (d’autant que les concerné·es s’abstiennent de prendre parti) : les cinq postulant·es ont martelé avec constance l’urgence écologique, instillant dans les têtes qu’il ne s’agira plus d’une candidature « de témoignage » mais de la responsabilité de « gagner ». Difficile alors de prévoir qui apparaîtra aux votant·es le ou la plus apte à faire le boulot. Rousseau sera-t-elle jugée sur la crête d’une époque prête au « changement » ou bien trop radicale ? Et Jadot, un rassembleur convaincant ou bien un politicien classique trop pragmatique ? Second tour du 24 au 28 septembre.

Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

En Dordogne, un potentiel candidat aux municipales poursuivi pour emploi de travailleurs sans-papiers
Enquête 15 janvier 2026

En Dordogne, un potentiel candidat aux municipales poursuivi pour emploi de travailleurs sans-papiers

Cyrille Déchenoix, patron de Drop Intérim, fait campagne pour la mairie de Saint-Astier, en Dordogne. Pourtant cet ancien de l’UMP, déjà condamné deux fois pour prise illégale d’intérêt, est de nouveau visé par une procédure judiciaire. Cette fois, pour emploi de travailleurs sans papiers.
Par Pierre Jequier-Zalc
Budget : les raisons du naufrage de Lecornu
Budget 14 janvier 2026 abonné·es

Budget : les raisons du naufrage de Lecornu

Incapable de trouver l’équilibre entre une gauche très modérée et une droite intransigeante, le premier ministre pourrait passer son budget en force. Il renierait son engagement, s’affaiblirait politiquement et risquerait la chute.
Par Lucas Sarafian
Procès FN-RN : « Ce procès affecte Le Pen personnellement, mais pas Bardella »
Entretien 13 janvier 2026 abonné·es

Procès FN-RN : « Ce procès affecte Le Pen personnellement, mais pas Bardella »

Le spécialiste de l’extrême droite Gilles Ivaldi, chargé de recherche CNRS au Cevipof, relativise l’impact politique du procès. Et estime que la possible accession de Bardella comme candidat ne provoquerait pas de guerre au sein du parti.
Par Lucas Sarafian et Maxime Sirvins
Mercosur : les vraies raisons du « non » de Macron
Parti pris 9 janvier 2026

Mercosur : les vraies raisons du « non » de Macron

Si la France a voté contre le Mercosur, ce n’est pas parce qu’Emmanuel Macron condamne le libre-échange – bien au contraire – mais parce que soutenir le texte lui coûterait trop cher politiquement.
Par Pierre Jequier-Zalc