Condamné à 82 000 euros de dommages et intérêts pour un pétard en manif

Interpellé en 2016 dans une manifestation contre la loi travail, Maxime S. a écopé de dommages et intérêts colossaux au terme du procès qui l’opposait à dix policiers.

Erwan Manac'h  • 11 mai 2022 abonné·es
Condamné à 82 000 euros de dommages et intérêts pour un pétard en manif
© Michael Bunel / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Comme tous les matins de manif, en ce printemps de mobilisation contre la loi El Khomri, un petit groupe de manifestants organise à Toulouse une opération de barrage filtrant sur le périphérique. Vite repoussé par les forces de l’ordre, un groupe d’une quarantaine de personnes prend la direction du centre-ville, suivi de près par la police. Maxime S. marche à l’arrière du cortège, en dilettante, quand un pétard de gros calibre est lancé dans leur direction. « Je l’ai vu passer sous mes jambes, assure l’intermittent du spectacle et militant associatif, c’était un gros pétard, un truc de stade. » La tension qui règne alors en France est inédite. Le cortège de tête et les nasses policières sont des phénomènes nouveaux. Le petit groupe se retrouve encerclé par surprise. Maxime est désigné par un policier et interpellé.

Quelques heures plus tard, une brève du Parisien pose le décor, de source policière : « Huit fonctionnaires de police ont été légèrement blessés […] par des pétards et des “bombes” agricoles lancées par les manifestants. Les policiers souffrent “d’importants troubles auditifs”, des acouphènes. Une personne a été interpellée. » Nous sommes le 2 juin 2016 et un interminable cauchemar judiciaire débute pour Maxime.

En correctionnelle, les juges peinent à établir clairement la culpabilité du manifestant. Le

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