L’Allemagne, de mémoire vive

Un collectif d’historiens d’outre-Rhin a élaboré une version allemande des « Lieux de mémoires », sur le modèle de l’ouvrage publié par Pierre Nora il y a près de vingt ans. Leur version abrégée vient d’être traduite.

Olivier Doubre  • 5 avril 2007 abonné·es

En 1984, lors de la parution de la République , Pierre Nora prévenait dans sa « Présentation » à ce premier des sept volumes des Lieux de mémoire [^2] : « La mémoire est un cadre plus qu'un contenu, un enjeu toujours disponible, un ensemble de stratégies, un être-là qui vaut moins par ce qu'il est que par ce que l'on en fait. » Aussi, appliqué à l'Allemagne, du fait de son passé, en particulier au XXe siècle, un même projet ne pouvait que susciter des interrogations, des réticences, ou même des craintes. Était-il tout simplement envisageable ?

C'est le pari qu'ont voulu relever Étienne François et Hagen Schulze. Les deux directeurs de cette vaste entreprise outre-Rhin pouvaient certes s'appuyer sur le constat que la notion de « lieu de mémoire » a bien, depuis une vingtaine d'années, fait la preuve de son caractère

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