« Pour une Europe confédérale, union de nations libres »

Denis Collin met en cause l’incapacité de la gauche française à affronter la question de la nation, seul cadre protecteur pour les dominés.

Denis Collin  • 1 novembre 2007 abonné·es

Comment la gauche a-t-elle pu perdre une élection « imperdable » ? Cette question ne concerne pas seulement les barons du PS. Elle concerne aussi tous les groupes et courants qui ont joué un rôle important dans la bataille pour le « non au TCE » et se sont retrouvés marginalisés, alors même que le caractère ultradroitier de la candidate socialiste aurait dû leur ouvrir un large espace. À cette situation, on peut trouver évidemment de nombreuses explications. Mais il en est une, presque toujours passée sous silence, l'incapacité de la gauche, toutes tendances confondues ou presque, à affronter la question de la nation.

Le vote contre le TCE a confondu deux types d'oppositions : une opposition populaire ­ les ouvriers, les employés, les jeunes et les cadres moyens ont massivement voté « non » ­ et l'opposition d'une gauche dite « antilibérale », regroupant les tendances « gauche » du PS, les communistes et d'autres groupes trotskistes ou alternatifs. La « gauche du non » a eu tendance à croire que le peuple avait voté « non » pour les raisons développées par ses ténors ou ses sites Internet. Schématiquement, la « gauche du non » n'était pas anti-européenne, mais opposée à la troisième partie du TCE, parce que celle-ci

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