Allure grand largue
Dans « la Traversée du Mozambique par temps calme », Patrice Pluyette s’amuse avec le genre du roman de mer pour se livrer à une jonglerie joyeuse et gourmande avec la syntaxe, les registres de langage et les lexiques.
dans l’hebdo N° 1019 Acheter ce numéro
C'est un roman de mer comme on n’en fait plus. Mais dans une langue avec laquelle on n’en fait pas. « Le bateau accuse un roulis important ; depuis quelques heures le temps a changé, quelques nuages menaçants ont dessiné dans le ciel une bouche de monstre terrifiant, plus précisément l’espace libre laissé par la confrontation des masses au-dessus du bateau peut faire penser à une bouche d’où vont sortir un terrible souffle, de terribles dents. Les verres sur la table débordent, laissant couler l’eau et le vin sur les genoux du voisin. Les pommes de terre refroidissent et la couche de fromage en surface a durci… » À bord, l’ambiance « n’est pas top » , et quand l’agglutination des méduses en contrebas laisse croire à un mauvais présage, alors on cause de « maladies pulmonaires, d’athymhormie, de congestions cérébrales d’origine inconnue, du rhume des foins, de la paix
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