Les résistants du travail
En dépit des idées reçues, la conflictualité sociale augmente en France. Trois livres analysent les formes contemporaines de lutte portées au quotidien par les salariés.
dans l’hebdo N° 1023 Acheter ce numéro
On la dit dépassée, écrasée, émiettée. Morte et enterrée. « Désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s’en aperçoit » , se félicitait même récemment Nicolas Sarkozy. Comme si la lutte n’existait plus. Et pourtant, la contestation perdure bel et bien. Vivace, inventive, constructive, même ! Derrière l’apparente anesthésie du corps social et la désyndicalisation, loin des grandes grèves médiatiques ou de spectaculaires actions « coup-de-poing », les révoltes germent ici et là. Encore faut-il prendre la peine d’en chercher les traces dans les open spaces ou au détour d’une chaîne de montage. À mille lieues des mobilisations grandioses ou mythiques portées en « une » des journaux, trois ouvrages sont allés débusquer dans les entreprises françaises les micromobilisations, les petites rébellions du quotidien trop souvent négligées par les médias et la littérature scientifique. Et, surtout, ignorées voire niées par le champ politique.
Des salariés de l’usine Michelin de Roanne bloquent l’entrée du site le 9 mai 2006. Merle/AFP
Comme le rappellent Sophie Béroud, Jean-Michel Denis, Guillaume Desage, Baptiste Giraud et Jérôme Pélisse, auteurs de La lutte continue ? – le point d’interrogation de rigueur est d’ailleurs vite évacué –, « le repérage des conflits n’est évidemment pas une opération neutre, il est en lui-même un enjeu de luttes entre différents agents sociaux situés dans le champ
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