La lumière de l’ombre

Jacques Roubaud et Anne F. Garréta ont écrit ensemble « Éros mélancolique », un roman énigmatique où la photographie révèle
ce qui ne se dévoile pas.

Christophe Kantcheff  • 15 janvier 2009 abonné·es

Le principe du livre dans le livre n’est ­certes pas un procédé littéraire nouveau ; le Manuscrit trouvé à Saragosse, qui date du début du XVIIIe siècle, en est un des exemples parmi les plus achevés. Mais, désormais, où se perdent et où se retrouvent les manuscrits ? Dans les malles en osier ? Dans les bibliothèques empoussiérées ? Dans les greniers abandonnés ? Non. Sur le Net bien sûr. L’idée, éminemment vraisemblable, est celle de Jacques Roubaud et Anne F. Garréta, dans Éros mélancolique , un roman qu’ils signent à quatre mains. Cette idée ne révolutionne certes pas le genre. L’introduction romanesque des technologies nouvelles n’y suffit pas. Mais elle le rend contemporain. Surtout, elle permet aux auteurs de développer, dans les pages d’introduction du livre, une poétique des termes informatiques, qui résonnent ici tout autrement que dans la vie quotidienne. Avec plus d’éclat. Plus de sonorité. On ne s’étonnera guère qu’à propos du premier livre que Jacques Roubaud et Anne F. Garréta écrivent ensemble, la question de la langue émerge avant toute chose. Ces deux-là étaient faits pour se trouver. Tous deux membres de

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Culture
Temps de lecture : 6 minutes