Corps à corps avec la rue
L’anthropologue Pascale Jamoulle analyse le rapport au corps des personnes exclues ou précarisées, dans un quartier de Bruxelles. Un travail remarquable sur nos sociétés violentées par l’individualisme marchand.
dans l’hebdo N° 1045 Acheter ce numéro

« Aux marges urbaines, les sphères de l’intime se fragilisent. » Ainsi commence le nouvel ouvrage de Pascale Jamoulle. C’est donc sous l’angle de la fragilité, du corps, des rapports amoureux ou de la solitude que l’anthropologue belge a choisi de poursuivre son patient travail d’écoute et de recherches au sein des milieux les plus fragilisés, stigmatisés ou précarisés de nos sociétés. Après plusieurs livres sur les mondes de la rue, les consommations de drogues ou, plus récemment, la construction de l’identité masculine en milieu précaire [[Voir son dernier livre, Des hommes sur le fil. La construction de l’identité masculine en milieux précaires, La Découverte/poche, 2008. Cf. Politis n° 888 du 9 février 2006.]], elle analyse cette fois les effets de la misère sociale et/ou affective, du déracinement ou de l’exil sur le rapport au corps des personnes, cherchant ainsi à appréhender les « transformations de l’intimité » qui s’opèrent aujourd’hui dans les populations
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