Ils voyagent en solitaires

« Nulle part terre promise », d’Emmanuel Finkiel, est un film d’une grande puissance au temps de l’Europe mondialisée.

Christophe Kantcheff  • 2 avril 2009 abonné·es
Ils voyagent en solitaires

Cela tient à quoi, la sensation d’être de plain-pied dans le cinéma ? Prenons, par exemple, le début de Nulle part terre promise, le nouveau film qu’Emmanuel Finkiel vient de réaliser, dix ans après le mémorable Voyages. On y voit une jeune femme, une étudiante, visiter une exposition de films muets ; la même, ensuite, sa main collée sur la fe­nêtre d’un train tandis que le paysage défile à l’arrière-plan ; puis une petite ouverture grillagée et des hommes, des Kurdes avec enfants, reclus dans un camion, dissimulés clandestinement dans son chargement ; enfin, un jeune technocrate dans une usine dont on démonte les machines, qu’on emporte dans des camions, tandis que les ouvriers manifestent leur colère désespérée.

DR

Rien de commun, a priori , entre ces personnages et ces situations, et pourtant, déjà, une tension et une chambre d’échos qui se met en place. Alors, d’où vient cette sensation forte de cinéma ? Des plans inventifs qui évitent l’effet, d’une captation du réel ayant la

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Culture
Temps de lecture : 4 minutes