La double vie du kiosquier n°136
C’est notre façon à nous de célébrer la Journée mondiale de la presse.
Il y a les journalistes, analystes ou grands reporters. Mais la presse, c’est aussi d’autres métiers tout aussi nécessaires.
dans l’hebdo N° 1051 Acheter ce numéro

Kiosquier, comme charbonnier, est maître chez soi. Ce Politis affiché pleine page sur un présentoir, offert généreusement au regard du chaland, c’est donc le choix du locataire des lieux. Et de lui seul. D’où l’envie, quand on a quelques affinités avec ce journal, de connaître l’homme-tronc qui se cache dans ce minuscule édifice posé, sans fondation aucune, à la bouche de métro École-Militaire. On le rencontre plus volontiers devant sa petite entreprise à parler avec le client que dans la pénombre assis sur son tabouret. Halaly Fathy est tout en vivacité. Regard rieur, verbe qui se bouscule, homme de contact assurément. Le teint nettement basané souligné par une chevelure toute blanche (qui a dû être frisée) trouve son explication dès les premiers mots. Notre kiosquier des beaux quartiers parisiens est né en Égypte, voici cinquante-quatre ans. Il a vécu une bonne moitié de son âge sur les rives du Nil, entre Le Caire et Louxor. Diplômé de l’université de communication, il a tâté du journalisme dans la capitale égyptienne. Un temps, il fut rédacteur à Al Hali (« le Rassemblement »), proche du parti communiste. D’un milieu pauvre, ses parents ne