Du népotisme

Bernard Langlois  • 5 novembre 2009 abonné·es

La Cour

Franchement, nos lecteurs n’ont pas attendu les mésaventures de M. le Dauphin (l’affaire de l’Epad est tellement grotesque qu’il faut se pincer pour y croire) pour s’entendre dire ici ce qui va désormais partout se répétant : notre démocratie est malade, notre république sent la banane, nos zélites ont perdu le sens commun. Et je ne vois guère en Europe que l’Italie mafieuse de l’inénarrable Papounet pour nous en remontrer dans les turpitudes. On l’a noté un peu partout, si l’installation programmée du Prince Jean sur l’énorme tirelire du Quartier d’affaires de Paris était une manifestation de népotisme évidente jusqu’au fin fond de l’Oubangui-Chari [^2] – et la presse étrangère ne s’est pas grattée pour s’en gausser –, l’histoire de cette ambition avortée a de surcroît révélé (confirmé, et avec éclat) la bassesse pitrale des dignitaires du régime, ce qu’on est convenu d’appeler : « la Cour ». Comme autrefois balayant le plancher des plumes de leur chapeau au passage du Roi-Soleil, les courtisans se sont aplatis devant l’héritier du trône, saisissant chaque occasion et chaque micro qui passait pour en rajouter sur les immenses qualités du jouvenceau, son sens aigu des responsabilités, la précocité de son intelligence politique. « Plus brillant encore que son père à son âge » , allaient répétant les Ceausescu des Hauts-de-Seine qui lui tiennent lieu de mentors.

Gonflé

Je sais : l’argument en défense affirmant que les phénomènes de cour ne datent pas de l’accession à l’Élysée de Nicolas Sarkozy est recevable. Dès qu’il y a pouvoir, il y a cour, depuis la nuit des temps. Rares sont ceux qui disent leur fait au souverain, au risque de la disgrâce. Bravo à Denis

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Edito Bernard Langlois
Temps de lecture : 10 minutes