C9M : face à la marche des fascistes, faisons nombre

Contre le défilé néonazi du 9 mai, la Marche des solidarités, les collectifs de sans-papiers et mineur·es isolé·es, le collectif antifasciste de Paris 20e et de très nombreuses organisations politiques et syndicales appellent à une grande manifestation contre le fascisme.

• 4 mai 2026
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C9M : face à la marche des fascistes, faisons nombre
Des membres du groupe d'extrême droite « Comité du 9 mai » (C9M) à Port-Royal, à Paris, le 10 mai 2025.
© GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

Depuis plus de trente ans, le 9 mai, des fascistes défilent dans Paris, pour commémorer la mort d’un des leurs, tombé d’un toit en marge d’une manifestation en 1994. La première marche a été organisée par le Front national jeunesse, le Groupe union défense (GUD) et les Jeunesses nationalistes révolutionnaires. Depuis, ce défilé – connu sous le nom de Comité 9 mai (ou C9M) – est devenu l’un des rendez-vous les plus importants des fascistes français et européens.

Alors, ce 9 mai 2026, ce sont des militants nazis qui paraderont fièrement entre Port-Royal, Montparnasse et la rue d’Assas : saluts nazis, croix celtiques, tambours aux couleurs des jeunesses hitlériennes, rien ne peut nous faire douter de leurs convictions. En 2025, parmi les organisateurs, figuraient de célèbres figures du mouvement identitaire, connues pour leurs violences racistes, comme Marc de Cacqueray-Valménier, condamné pour avoir violemment agressé des militant·es de SOS racisme durant un meeting d’Éric Zemmour.

Par ailleurs, les liens entre certain.es de ces militant.es et le Rassemblement national – la maison mère des fascistes français – sont avérés. Ainsi, on a pu voir marcher Gabriel Loustau ainsi que son père Axel Loustau proche de Marine Le Pen et cadre historique du GUD.

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Cordon sanitaire

L’année dernière la contre-manifestation antifasciste a été interdite tandis que le Comité 9 mai a pu défiler en toute impunité. Cet irresponsable laisser-faire témoigne du rapprochement politique entre les fascistes et la classe dirigeante, évolution permise et renforcée par les politiques racistes et autoritaires de nos gouvernements.

Nous sommes encore loin, très loin d’avoir perdu. Notre camp doit reprendre confiance !

Partout en Europe, la menace grandit. En Angleterre, les manifestations appelées par l’influenceur d’extrême droite Tommy Robinson ont regroupé plus de 110 000 personnes en septembre dernier. En France, le RN, parti fasciste fondé par des anciens nazis et membres de l’Organisation armée secrète (OAS), s’impose comme une force politique incontournable.

Face à ceux qui cherchent à se constituer en mouvement de masse afin d’anéantir nos capacités de résistance, nous avons le devoir d’agir et de les empêcher systématiquement d’exprimer leur idéologie raciste dans l’espace public. Pour cela, nous devons prendre la rue.

Sur le même sujet : « Les groupes antifascistes se sont toujours constitués en réaction à la violence de l’extrême droite »

Leur laisser la possibilité de défiler tranquillement, c’est leur laisser le pouvoir de s’en prendre aux musulman.es, aux juif·ves, aux personnes non-blanches ou celles qui n’ont pas les bons papiers, aux personnes trans, homosexuel.les etc., de mettre fin à nos grèves et mobilisations, de tuer. C’est leur permettre de prendre confiance et de se renforcer.

Si le développement des forces fascistes effraie à juste titre, nous sommes encore loin, très loin d’avoir perdu. Notre camp doit reprendre confiance : si les classes dirigeantes ont rompu le cordon sanitaire, ce dernier existe encore dans les urnes et dans la rue. Rappelons que le RN est arrivé troisième aux dernières élections législatives, grâce à la mobilisation massive de centaines de milliers de personnes qui se sont opposées à l’extrême droite.

« Pas de nazis dans Paris, ni ailleurs »

Nous sommes chaque jour plus nombreux et plus nombreux à défendre un projet de société antifasciste, libérée de l’exploitation et des oppressions. Soyons conscient.es de notre force : le 8 mars, par une riposte unie et déterminée, nous avons empêché le groupe fémonationaliste Némésis de défiler. Le 14 mars, à l’appel de la Marche des solidarités, nous étions 150 000 dans toute la France à manifester contre le fascisme et le racisme.

Cette année, la riposte contre le défilé nazi sera massive, antiraciste et unitaire. La Marche des solidarités, le collectif antifasciste du 20e, et de très nombreuses organisations politiques et syndicales réunies en un cadre unitaire antifasciste, appellent à une manifestation le 9 mai à 14 heures place Saint-Michel.

Faisons de cette manifestation un moment important. Toutes et tous ensemble, faisons front contre le fascisme et le racisme. Construisons la résistance antifasciste dont nous aurons besoin en 2027.

Rendez-vous le 9 mai à 14 heures Place Saint-Michel pour manifester contre la marche nazie du C9M ! Pas de nazis dans Paris, ni ailleurs. Paris est et restera une capitale antifasciste !

Par la Marche des solidarités et le collectif antifasciste de Paris 20e.

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Tribunes et Société

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