En Sarkozie

Politis  • 10 décembre 2009
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Une culture trop gênante

Près de mille enseignants de sciences économiques et sociales venus de toute la France ont manifesté à Paris le 2 décembre contre la réforme du lycée. Le ministre de l’Éducation nationale, Luc Chatel, a en effet décidé de mettre un terme à des sciences économiques et sociales (SES) trop subversives.
Les élèves de seconde auront désormais le choix entre deux enseignements : sciences économiques et sociales ou «  principes fondamentaux de l’économie et de la gestion » , d’une heure trente chacun. Formater les esprits au marché et au commerce est certes beaucoup moins dangereux… Et la compréhension d’enjeux économiques et de société au lycée, par exemple les rouages du capitalisme ou les conflits sociaux, risquerait de transmettre de mauvaises pensées à la jeunesse sous le règne de Sarkozy.

Minarets

Il ne critique pas, Nicolas Sarkozy, et même, il « comprend » le vote des Suisses pour l’interdiction des minarets. « Au lieu de condamner sans appel le peuple suisse, écrit-il mardi dans une tribune parue dans le Monde, essayons aussi de comprendre ce qu’il a voulu exprimer et ce que ressentent tant de peuples en Europe, y compris le peuple français […].  » S’adressant aux Français musulmans, Nicolas Sarkozy écrit : «  Dans notre pays, où la civilisation chrétienne a laissé une trace aussi profonde, où les valeurs de la République sont partie intégrante de notre identité nationale, tout ce qui pourrait apparaître comme un défi lancé à cet héritage et à ces valeurs condamnerait à l’échec l’instauration si nécessaire d’un islam de France. » La question est de savoir si le Président ne défend pas plus « la civilisation chrétienne » que les valeurs de la République. Et si les minarets, dont il comprend l’interdiction, constituent vraiment un « défi » à « cet héritage ».

Les échos
Temps de lecture : 2 minutes
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