Le droit d’être là

Dans une démarche relevant de « l’interactionnisme »,
la socio-anthropologue
Marie-Thérèse Têtu-Delage a accompagné une soixantaine de migrants algériens dans leur quête de papiers français.

Olivier Doubre  • 10 décembre 2009 abonné·es
Le droit d’être là

Bled el kouarat : le « pays des papiers », en arabe. C’est ainsi que les sans-papiers originaires d’Algérie désignent souvent la France. S’ils ont bien d’autres problèmes à affronter au sein de la société française (logement, emploi, études, formation, regroupement familial, maintien des liens avec leurs parents restés « au bled », etc.), celui de la régularisation de leur situation administrative s’apparente à une sorte de longue course d’obstacles et d’endurance, source à la fois d’espoirs et d’incessante inquiétude, qui in fine va littéralement sanctionner la réussite – ou l’échec – d’un parcours initié parfois plus d’une dizaine voire d’une quinzaine d’années plus tôt. Or, « faire ses papiers » , autre expression courante, qui a souvent pour synonyme celle de « mériter ses papiers » , est rendu sans cesse plus difficile par l’accumulation et le renforcement de lois, règlements, circulaires, procédures et autres mesures de plus en plus coercitives et restrictives adoptées par les États européens, «  qui pour autant ne peuvent empêcher complètement le mouvement de migrations de populations et d’individus en quête de liberté et de nouvelles conditions de vie ».

Socio-anthropologue, Marie-Thérèse Têtu-Delage souligne ainsi, dans un ouvrage qui vient de paraître, le caractère vain de ces législations qui, si elles traduisent d’abord la conception d’une Europe-forteresse, ont pour conséquence directe de maintenir les migrants, souvent longuement, dans une situation « hybride, irrégulière » , où « ils

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Idées
Temps de lecture : 8 minutes

Pour aller plus loin…

Grégory Doucet : « Oui, un maire écologiste, ça change la vie »
Entretien 2 mars 2026 abonné·es

Grégory Doucet : « Oui, un maire écologiste, ça change la vie »

Sécurité, logement, écologie… Le maire de Lyon défend son bilan et se veut un rempart contre la violence de l’ultradroite dans sa ville. Entre le premier et le second tour, l’écologiste ne ferme pas la porte à un accord avec la liste insoumise.
Par Lucas Sarafian
« La hausse des droits de douane se répercute sur les ménages américains les plus modestes »
Entretien 25 février 2026 abonné·es

« La hausse des droits de douane se répercute sur les ménages américains les plus modestes »

Christophe Blot, économiste à l’OFCE, spécialiste des États-Unis, explique pourquoi les plus modestes sont ceux qui, principalement, payent la hausse des tarifs douaniers brandie par Donald Trump.
Par Olivier Doubre
Susan George, grande conscience de « notre » gauche
Disparition 23 février 2026 abonné·es

Susan George, grande conscience de « notre » gauche

Retour sur le parcours de la fondatrice du mouvement altermondialiste, décédée le 14 février à 91 ans.
Par Olivier Doubre
Fiona Mille : « Les Jeux olympiques empêchent de penser d’autres possibles »
Entretien 18 février 2026 abonné·es

Fiona Mille : « Les Jeux olympiques empêchent de penser d’autres possibles »

La présidente de l’association Mountain Wilderness France bataille avec d’autres citoyens pour que les Jeux olympiques d’hiver 2030 n’aient pas lieu en France. Dans son livre Réinventons la montagne, elle imaginait trois scénarios pour les territoires montagneux, dont un qui anticipe la raréfaction de la neige et imagine un avenir écologique des stations de ski.
Par Vanina Delmas