Jojo Le Clown
Évoquant ce matin «l’épreuve cruelle traversée par les Vendéens et les Charentais» , le big boss de Libération , Laurent Joffrin, énonce dans son édito qu’après le passage de la tempête, «on constatera (…) que les secours sont arrivés vite, que le gouvernement s’est mobilisé, que pompiers, médecins, secouristes, gendarmes et préfets on fait diligence» .
Et de conclure: «Bref on se rassurera de voir fonctionner normalement cette organisation dont on a pourtant, sous l’injonction libérale, dit tant de mal depuis deux décennies: l’État» .
Ces quelques mots confirment, pour qui en aurait encore douté – nonobstant que c’est de looooongue date évident -, que Laurent Joffrin est l’un de «nos» plus clownesques éditocrates, et qu’il a, comme tel – comme la fonction l’exige -, une propension pérenne à prendre ses (pauvres) lecteurs pour des (pauvres) idiots.
Puisqu’en effet, au nombre des plus fanatiques tambourineurs, «depuis deux décennies» , de «l’injonction libérale» en général, et de la nécessité d’en finir avec «l’État obèse» (la formule est de lui) en particulier, se compte, facilement repérable aux divertissants poils qui barbichent son menton, l’homme qui se targue, vergogne bue, d’avoir été l’un des «instruments de la victoire du capitalisme dans la gauche» (et par conséquent de la répugnante soumission du «socialisme» francuski à «l’injonction libérale» ), et qui, de fait, a notamment hurlé, naguère – c’était en 1984: «Comme ces vieilles forteresses reléguées dans un rôle secondaire par l’évolution de l’art militaire, la masse grisâtre de l’État français ressemble de plus en plus à un château fort inutile» !
Ajoutant: «La vie est ailleurs – elle sourd de la crise par l’entreprise, par l’initiative, par la communication» !
Ce barbichu, c’est, tu l’avais reconnu, Laurent Joffrin, himself .
À peu près aussi crédible en contempteur de l’injonction libérale qu’eut été, disons, Леони́д Ильи́ч Бре́жнев en dénonciateur du centralisme.
(Toutes choses égales, railleurs.)
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