« La sentinelle tranquille sous la lune » : sur le front des mots

Dans « la Sentinelle tranquille sous la lune », Soazig Aaron réinvente
la langue
des traumatismes
de la Première Guerre. Rencontre.

Christophe Kantcheff  • 25 mars 2010 abonné·es
« La sentinelle tranquille sous la lune » : sur le front des mots
© PHOTO : STF/AFP La Sentinelle tranquille sous la lune, Soazig Aaron, Gallimard, 293 p., 18,90 euros.

Soazig Aaron avait la cinquantaine quand elle a publié son premier roman, le Non de Klara, en 2002 [^2]. Son deuxième roman, l a Sentinelle tranquille sous la lune, sort aujourd’hui, c’est-à-dire huit ans plus tard. Soazig Aaron n’est pas un écrivain pressé. Aux antipodes de ces auteurs qui, pour ne pas se faire oublier des médias, publient à la va-vite. Elle croit surtout que « certains textes, qu’on envisage depuis très longtemps, nécessitent une lente maturation ». Le projet de la Sentinelle … ne date effectivement pas d’hier. Mais, de brouillons en esquisses, Soazig Aaron, dont le degré d’exigence se constate à la lecture de ses livres, restait insatisfaite. Peu à peu, cependant, elle a trouvé sa voix.

Celle-ci fait résonner les traumatismes de la guerre. Le Non de Klara raconte le retour d’une rescapée des camps, par l’intermédiaire du journal tenu par une amie. La Sentinelle tranquille sous la lune a pour personnage principal un homme encore jeune, Jean, mobilisé pendant toute la Première Guerre mondiale, et qui revient, des mois après l’armistice, au domaine familial. Son histoire est contée par « tante Amandine », qui fut la femme de Jean, à une

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Culture
Temps de lecture : 6 minutes