Ces catastrophes qui changèrent le monde

Politis  • 15 avril 2010
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Autre pédagogie, à rebours de la précédente, celle des catastrophes. Un terme pestiféré à une époque où l’on agite la « pensée positive » comme un gri-gri. Mais la galerie des horreurs produit du sens, à défaut de répulsion. Parce que le devoir de mémoire est imprescriptible, et que les images sont irremplaçables. Il faut le voir pour y croire : ces hallucinantes aspersions de DDT en public aux États-Unis au début des années 1960, l’empoisonnement obscène d’une population de pêcheurs à Minamata (Japon), le gazage de 4 000 Indiens en une nuit par accident de l’usine d’Union Carbide à Bhopal, etc. Et, bien sûr, l’explosion de Tchernobyl. Ces catastrophes qui changèrent le monde s’y attarde longuement [^2]. Trop – la démonstration prend des longueurs – ou pas assez ? On n’arrive pas à décrocher de cette catastrophe-mère, emblématique d’une technocratie titubante. Car ce que démontre le film, contrairement à son ambition, c’est que le monde ne change qu’à la marge, malgré de salutaires soubresauts : dans chaque catastrophe la prochaine est en gestation, concoctée par nos modes de vie – intenables, comme le dénonce l’écologiste kenyane Wangari Maathai, Nobel de la Paix en 2004.

[^2]: DVD de Virginie Linhart, avec Alice Le Roy. www.editionsmontparnasse.fr

Écologie
Temps de lecture : 1 minute
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