La paysannerie mondiale résiste encore
Depuis 1996, le 17 avril marque la journée internationale des luttes paysannes. Face à la libéralisation des échanges et à l’accaparement des terres, le mouvement altermondialiste La Via Campesina coordonne la résistance de 200 millions de paysans à travers le monde.
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© Alix Garcia
Brésil, le 17 avril 1996. Le pays est en proie à de violents affrontements entre forces paramilitaires et paysans issus du Mouvement des sans-terre. À Eldorado dos Carajás, au sud de la région amazonienne du Pará, une manifestation a lieu pour dénoncer l’accaparement des ressources par de grands propriétaires fonciers. La répression s’ensuit. Ce jour-là, une vingtaine de militants est assassinée par la police brésilienne. Des dizaines d’autres sont blessés.
En hommage aux victimes de ce massacre, l’organisation internationale La Via Campesina a fait de cette journée un événement international en soutien aux luttes paysannes. La concentration des terres, la destruction de l’environnement et le non-respect des droits humains demeurent aujourd’hui à l’intersection des combats menés par les travailleurs ruraux à travers le globe. Leur objectif : se coordonner pour organiser la résistance face aux politiques de libéralisation économique, mises en place depuis le début des années 1990.
« À l’époque, dans un contexte de forte poussée néolibérale, les dialogues à l’échelle nationale ne suffisaient plus, rapporte Morgan Ody, agricultrice bretonne et coordinatrice générale de La Via Campesina. Pour cette raison, les organisations paysannes des différents pays ont commencé à échanger entre elles. » De ces différentes rencontres est né, en 1993, le premier mouvement altermondialiste de défense de la production paysanne face à la globalisation des échanges.
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