Marc-André Selosse : « S’occuper de la biodiversité est une preuve d’humanisme »
Le professeur de microbiologie au Muséum national d’histoire naturelle plaide pour la reconnexion de notre société au vivant, et l’émergence d’alternatives agroécologiques pour protéger le monde agricole et les citoyens des ravages des pesticides. Dans De la biodiversité comme un humanisme, petit livre très accessible, il allie vulgarisation et la défense de la biodiversité.
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© Maxime Sirvins
Botaniste et mycologue, Marc-André Selosse est un spécialiste reconnu de la microbiologie des sols. Il est professeur au Muséum national d’histoire naturelle de Paris, et préside depuis sa création en 2019 la Fédération BioGée qui œuvre pour remettre les savoirs et les démarches de la biologie au cœur des questions sociétales et de l’enseignement scolaire.
Pourquoi la biodiversité, et donc la crise de la biodiversité, nous concerne toutes et tous ?
Marc-André Selosse : Nous sommes tous cousus de biodiversité mais nous n’avons pas évalué à quel point elle est présente dans notre monde, en nous. La diversité microbienne qui nous habite fait partie de nos fonctions mais, aujourd’hui, beaucoup de maladies modernes comme l’asthme, le diabète, Alzheimer ou les maladies auto-immunes proviennent en partie du fait que notre microbiote est moins diversifié. Ces maladies modernes touchent un Européen sur quatre, engendrent des vies dégradées, raccourcies, et sont un poids financier car ce sont des maladies chroniques
L’alimentation est un autre exemple marquant. J’ai remarqué que les salsifis disparaissent des rayons des supermarchés ! Par contre, on nous impose des variétés comme la banane Cavendish sélectionnée parce qu’elle est facile à cultiver, à conserver et à transporter, et absolument pas parce qu’elle est bonne. Idem pour les pommes, alors qu’il existe des variétés anciennes excellentes comme l’Api étoilée, qui a un délicieux goût de coing et est
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