Marc-André Selosse : « S’occuper de la biodiversité est une preuve d’humanisme »

Le professeur de microbiologie au Muséum national d’histoire naturelle plaide pour la reconnexion de notre société au vivant, et l’émergence d’alternatives agroécologiques pour protéger le monde agricole et les citoyens des ravages des pesticides. Dans De la biodiversité comme un humanisme, petit livre très accessible, il allie vulgarisation et la défense de la biodiversité.

Vanina Delmas  • 15 avril 2026 abonné·es
Marc-André Selosse : « S’occuper de la biodiversité est une preuve d’humanisme »
Au jardin des Plantes de Paris, le 10 avril 2026.
© Maxime Sirvins

Botaniste et mycologue, Marc-André Selosse est un spécialiste reconnu de la microbiologie des sols. Il est professeur au Muséum national d’histoire naturelle de Paris, et préside depuis sa création en 2019 la Fédération BioGée qui œuvre pour remettre les savoirs et les démarches de la biologie au cœur des questions sociétales et de l’enseignement scolaire.

Pourquoi la biodiversité, et donc la crise de la biodiversité, nous concerne toutes et tous ?

Marc-André Selosse : Nous sommes tous cousus de biodiversité mais nous n’avons pas évalué à quel point elle est présente dans notre monde, en nous. La diversité microbienne qui nous habite fait partie de nos fonctions mais, aujourd’hui, beaucoup de maladies modernes comme l’asthme, le diabète, Alzheimer ou les maladies auto-immunes proviennent en partie du fait que notre microbiote est moins diversifié. Ces maladies modernes touchent un Européen sur quatre, engendrent des vies dégradées, raccourcies, et sont un poids financier car ce sont des maladies chroniques

L’alimentation est un autre exemple marquant. J’ai remarqué que les salsifis disparaissent des rayons des supermarchés ! Par contre, on nous impose des variétés comme la banane Cavendish sélectionnée parce qu’elle est facile à cultiver, à conserver et à transporter, et absolument pas parce qu’elle est bonne. Idem pour les pommes, alors qu’il existe des variétés anciennes excellentes comme l’Api étoilée, qui a un délicieux goût de coing et est

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

« La gauche ne peut pas abandonner. Nous avons le devoir de gagner »
Entretien 4 mai 2026 abonné·es

« La gauche ne peut pas abandonner. Nous avons le devoir de gagner »

Deux continents, un combat. L’une, Janette Zahia Corcelius, résiste aux raid de l’ICE, la police anti-immigration de Trump. L’autre, Anzoumane Sissoko, lutte pour la régularisation des étrangers depuis vingt-quatre ans. Une rencontre pour penser la résistance transatlantique contre l’autoritarisme et les répressions anti-migratoires.
Par Juliette Heinzlef et Maxime Sirvins
LGV Bordeaux-Toulouse : main basse sur les terres agricoles
Reportage 30 avril 2026 libéré

LGV Bordeaux-Toulouse : main basse sur les terres agricoles

Pour déployer sa nouvelle ligne, SNCF Réseau doit acquérir du terrain au titre de la compensation écologique. En pleine crise du secteur, de nombreux viticulteurs sont tentés de vendre, car les prix proposés sont élevés. Au point d’écarter certains agriculteurs désireux de créer une activité.
Par Romane Gentil
Annie Thébaud-Mony : « Le travail continue d’empoisonner les plus précaires, en toute impunité »
Entretien 27 avril 2026 abonné·es

Annie Thébaud-Mony : « Le travail continue d’empoisonner les plus précaires, en toute impunité »

En 2012, la sociologue refusait la Légion d’honneur pour dénoncer l’invisibilisation des enjeux de la santé au travail. Quatorze ans plus tard, pour elle, les leçons des précédents scandales sanitaires n’ont pas été tirées. Elle se félicite cependant que les victimes n’hésitent plus à parler.
Par Céline Martelet
Pinar Selek : « La mobilisation des Kurdes a créé d’autres possibles au sein de l’espace turc »
Entretien 22 avril 2026 abonné·es

Pinar Selek : « La mobilisation des Kurdes a créé d’autres possibles au sein de l’espace turc »

La militante féministe et libertaire turque, sociologue à l’université de Nice, raconte sa découverte de la question kurde en Turquie, lutte qui a été pour elle une école d’émancipation individuelle et collective. Et qui lui vaudra incarcération et tortures, avant l’exil en France. Dans son livre Lever la tête, elle témoigne des persécutions subies.
Par Olivier Doubre