Chili : les premières bourdes de Piñera
Un mois et demi après le séisme qui a fait 432 morts et 98 disparus, le nouveau président de la République lance la reconstruction. Mais plusieurs scandales ralentissent les opérations. Correspondance, Claire Martin.
dans l’hebdo N° 1097 Acheter ce numéro

Le nouveau Président chilien, Sebastian Piñera, ne dort pas. Il jongle. Il a dû mettre son programme de gouvernement et ses espoirs de diriger le pays le plus riche d’Amérique latine dans un tiroir. Depuis son arrivée au pouvoir, le 11 mars, l’homme d’affaires milliardaire s’attelle à deux priorités : la reconstruction après le séisme du 27 février, qui l’occupera tout au long de ses quatre ans de mandat, et la mise en place d’un gouvernement de droite après vingt ans passés dans l’opposition. Sebastian Piñera est en effet le premier président de droite élu depuis la fin de la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990). Jusqu’ici, c’était une coalition de centre-gauche, la Concertación, qui tenait les rênes du pays. Or, le régime chilien est très présidentiel. Le chef de l’État, qui est aussi chef de gouvernement, doit nommer plus de 1 600 personnes. Et si Sebastian Piñera avait assuré durant la campagne avoir sous la main 3 000 cadres qualifiés prêts à prendre d’assaut les couloirs du palais présidentiel et la direction des institutions chiliennes, il lui reste environ