Les peuples passent sous tutelle
L’examen préalable des budgets nationaux et l’instauration de sanctions renforcées, qui pourraient être aussi « préventives », accentuent la dérive autoritaire de l’Union européenne.
dans l’hebdo N° 1107 Acheter ce numéro

Le 7 juin 2010 a de bonnes chances de faire date dans l’histoire européenne. À défaut d’avoir fait les gros titres de la presse du lendemain. Ce jour-là, en effet, les ministres européens des Finances ont non seulement finalisé le fonds de sauvetage de l’euro doté d’une « facilité » de 750 milliards, mais aussi accepté que la Commission européenne examine leurs budgets nationaux avant toute discussion parlementaire. Dès lors, on ne voit pas ce qui pourrait empêcher les chefs d’État et de gouvernement, réunis en Conseil européen ce 17 juin, d’avaliser cette espèce de fédération budgétaire européenne, réclamée par le Fonds monétaire international (FMI) et exigée par les marchés financiers. Le premier volet de l’accord scellé entre les ministres des Finances porte sur les modalités du mécanisme européen de stabilisation, dont le principe avait été décidé en urgence lors du sommet de crise des chefs d’État et de gouvernement du 7 mai, afin d’aider, sous forme de prêts, les pays potentiellement en défaut de paiement. Le cœur du dispositif repose sur une nouvelle organisation intergouvernementale, dotée de 440 milliards d’euros et prévue pour une durée de trois ans, l’« European Financial Stability Facility » (EFSF). Il s’agit en fait d’ « une société anonyme de