Corrompons la jeunesse !

François Cusset  • 25 novembre 2010 abonné·es

Et si on arrêtait l’école ? Écœurement ces derniers jours face au nouveau débat entre les petites conceptions de l’éducation des uns et des autres. En l’occurrence, entre défenseurs et détracteurs des notes, entre ceux qui désirent une école vouée à évaluer et à punir et ceux qui disent tout à coup, comme l’empereur d’Autriche l’aurait déclaré au jeune Mozart : « Il y a trop de notes. »

Le débat se justifie, dira-t-on, mais l’écœurement, depuis qu’un tel débat existe (il a surgi dans la foulée de Mai 1968), vient de son mélange de bien-pensance, de dogmes tenaces et de ventriloquie : estimant le représenter, on se met à parler à la place du bétail écolier, et même de la valetaille enseignante, qu’on n’écoute jamais ; la voyant en arche de Noé dans la tempête de l’époque, on vénère l’institution éducative jusqu’au fétichisme et au chantage

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