Ce que le pape veut…
Ancienne correspondante de l’AFP à Rome, Martine Nouaille montre les liens étroits entre le pouvoir politique italien et le Vatican, renforcés encore sous Berlusconi.
dans l’hebdo N° 1157 Acheter ce numéro

Il est courant, chez les hommes politiques italiens, de souhaiter (un peu vainement, beaucoup hypocritement) que l’Italie devienne – enfin – « un pays normal » . Normal, en termes de démocratie (alors que sa vie politique est gangrenée depuis toujours par nombre de « mystères » et de jeux troubles d’influences de toutes sortes). En termes d’alternance (qu’elle n’a que rarement connue depuis l’après-guerre) et de cohésion nationale (dans ce pays « inventeur » du campanilisme, où le sentiment national est si faible). En termes, enfin, d’indépendance nationale, l’Italie étant depuis 1945 sous la coupe réglée des États-Unis, aussi bien économiquement que militairement (avec de nombreuses bases américaines et le commandement de l’Otan pour l’Europe du Sud situé à Naples). Or, on oublie souvent qu’un autre État souverain – bien que minuscule par sa superficie – soumet l’Italie, sa population et plus encore sa classe politique, à une influence beaucoup plus profonde, ancrée dans les consciences, sournoise très souvent, en tout cas