À Marseille, les bleus ont le blues
La ville dispose d’un nouveau préfet de police partisan de la sécurité « visible », mais n’ont pas assez de véhicules pour patrouiller. Les syndicats dénoncent un grave manque d’effectifs et de moyens.
dans l’hebdo N° 1167 Acheter ce numéro

Au lendemain de la visite du ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, à Marseille, pour installer un nouveau préfet de police, la cité phocéenne garde sa robe bleu marine. À Noailles, quartier carrefour au cœur de la ville, si l’on peut encore faire son marché, on ne peut plus faire des affaires : les vendeurs à la sauvette ont disparu. Un peu plus loin, dans le quartier Belsunce ou porte d’Aix, les Roms ont été chassés et les étals de fortune balayés. La pelouse est désormais « interdite ». Sauf aux CRS. Soupir d’un policier : « On ne fait que déplacer le problème. Les vendeurs ont trouvé refuge vers la gare. On joue au chat et à la souris… »
Marseille était secouée par les faits divers ? Marseille faisait trop parler d’elle ? Qu’à cela ne tienne : Nicolas Sarkozy a nommé un nouveau préfet de police, le troisième en deux ans. Au bout de huit mois en poste, Gilles Leclair a été remplacé par Alain Gardère, un partisan de la sécurité « qui se voit ». Une décision qui rappelle le remplacement en Seine-Saint-Denis de Nacer Meddah par Christian Lambert en avril 2010. Sans grand effet sur la