Faut-il un protectionnisme européen ?
Portée essentiellement par l’extrême droite, l’idée
est longtemps restée taboue. Avec la crise, la question des barrières et des taxes à l’encontre des produits d’importation est réapparue, divisant la gauche.
dans l’hebdo N° 1196 Acheter ce numéro
Directeur d’études à l’EHESS, il y dirige le Centre d’étude des modes d’industrialisation, et est professeur associé à l’École d’économie de Moscou (MSE-MGU).
La question du protectionnisme est désormais largement posée, et le nombre de pays qui mettent en place des mesures de protection augmente sensiblement depuis 2007.
La nécessité du protectionnisme découle de l’asymétrie de développement que nous connaissons depuis trente ans. La libération de la circulation des capitaux induit des transferts massifs dans des pays où les conditions sociales favorisent une stagnation (ou une faible croissance) du salaire réel. Dès lors, le lien historique entre les gains de productivité du travail et le développement social et écologique est massivement rompu, donnant naissance à la « concurrence injuste ».
Le libre-échange se traduit par un double appauvrissement, d’une part, des pays développés, où l’ensemble des cadres de protection sociale et écologique est massivement attaqué, et, d’autre part, dans les pays ne bénéficiant pas de cet apport