Le bio est-il toujours la solution ?
Le bio pourra-t-il un jour nourrir toute la planète ? L’appellation «bio» traduit-elle une avancée ou n’est-elle
que le nouveau visage des même modes de production destructeurs ? Philippe Desbrosses et Philippe Baqué rendent compte de réalités complexes.
dans l’hebdo N° 1193 Acheter ce numéro
Agriculteur, docteur en sciences de l’Environnement, président-fondateur « d’Intelligence verte » et de la Ferme de Sainte-Marthe[^2].
Ces dernières décennies, l’agriculture intensive est sur la sellette, désignée comme une des causes principales de plusieurs dangers écologiques globaux, notamment le réchauffement climatique, la pollution des eaux souterraines et des sols, l’érosion de la diversité génétique. Mon observation est que l’agriculture industrielle intensive est la pratique la plus désastreuse que l’homme ait inventée pour produire sa nourriture.
Elle est anti-économique : il faut 300 unités d’intrants, en termes d’énergie, pour produire 100 unités de nourriture (selon la revue Scientific American, en 1994). Les subventions publiques permettent de camoufler cette mystification.
Elle est anti-écologique : elle pollue les eaux et les sols avec des substances de synthèse qui ont pour principales caractéristiques d’être hautement toxiques, stables dans l’environnement, donc « non-biodégradables » – on retrouve par exemple du DDT jusque dans la graisse des phoques et des ours blancs au pôle Nord –, et de