Abstention : péril chez les jeunes
L’abstention s’accroît en France depuis vingt-cinq ans. Un livre tente d’en comprendre les raisons profondes.
dans l’hebdo N° 1199 Acheter ce numéro
Céline Braconnier et Jean-Yves Dormagen se livrent dans leur ouvrage à une analyse détaillée de l’abstention en France, qui touche d’abord les jeunes des milieux populaires, et met notamment en cause l’alternance quasi-systématique et sans véritable rupture gauche/droite.
Vous écriviez dans une tribune parue dans le Monde du mardi 10 avril dernier : « Les déterminismes sociaux de la participation [électorale] n’ont jamais été aussi puissants ». Pourquoi ?
Jean-Yves Dormagen : La progression de l’abstention que l’on enregistre depuis près de vingt-cinq ans accroît les inégalités sociales de participation électorale. Il faut bien comprendre que les classes d’âge et les classes sociales sont inégalement politisées. Ce sont les plus jeunes, les moins diplômés, les plus précaires qui nourrissent principalement la progression de l’abstention. À l’inverse, lorsqu’une élection est très mobilisatrice, comme la dernière présidentielle en 2007, les écarts de participation entre classes d’âges ou entre classes
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